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On est tous différents ...

Il est curieux de constater combien notre société insiste pour que la justice soit synonyme du mot égalité : si ce n’est pas égal, ce n’est pas juste! Comme si tout ce qui est égal est nécessairement juste. N’y a-t-il pas des gens plus talentueux que les autres pour toutes sortes de raisons : intelligence supérieure à la moyenne, milieu familial plus propice au développement du caractère, des gènes exceptionnels transmis par les parents. Les gens ne sont pas tous égaux et de les ramener tous à un dénominateur commun est contre nature.

Pourtant, la société tend à vouloir nier les différences. Pour que tout soit égal pour tous, on transforme tout en cours de justice. On craint que cela ne soit pas juste si l’on accorde tel privilège aux uns et l’on ne l’accorde pas aux autres. Ainsi, qui a dit que tous les professeurs du Québec doivent avoir la même échelle salariale, les très compétents, les moyennement compétents et les nuls, et cela qu’ils résident en Abitibi, en Gaspésie, à Sherbrooke, à Québec ou à Montréal : tous les professeurs sont égaux!

On a une hantise que certains pourraient jouir d’un privilège, tandis que d’autres ne sauraient en bénéficier. Mais en contrepartie, on vante l’unicité de chacun de nous : nous sommes tous uniques, mais nous devons tous passer par le même système de règles, de lois qui exige que tous soient parfaitement égaux. « Tout le monde pareil!!! – Si moi je ne peux l’avoir, toi, tu n’y as pas droit non plus!»

Aurait-on peur de l’arbitraire qui est à la base de l’être humain? On choisit en amour la personne avec qui l’on veut fonder un foyer. Et plus terre-à-terre, l’on choisit le magasin où l’on veut acheter son ordinateur. On choisit même le vendeur parce qu’il est plus gentil que les autres, parce qu’il comprend mieux nos besoins; sa gentillesse, ses connaissances nous pousseront à le chercher sur le plancher, et même à revenir s’il est temporairement absent.

La seule égalité, c’est que chacun de nous a droit au bonheur, mais c’est notre bonheur à nous et non celui des autres. Pour ce qui est du bonheur, il n’y a pas de privilège : tous y ont droit sans exception. Mais cela ne veut as dire que tous l’atteindront au même degré. Le fait est que tous nous y réussissons à différents degrés et aucun nivellement n’est possible. À chacun sa chance, mais aussi à chacun un résultat différent.

C’est ici qu’entre en jeu l’arbitraire, c’est-à-dire le fait que malgré toute notre intelligence, on ne créera jamais un monde où tout sera égal pour tous. Ne seraient -ce les accidents qui arrivent? Ces drames comme la mort tout récemment, d’un jeune garçon de douze ans dans la cour de l’école à la suite d’une simple altercation sans importance : ce n’est pas juste pour les parents de l’enfant.

Comme disait Denise Bombardier (La Presse, 11 novembre 2007) « Cette hantise de l’arbitraire, c’est la peur des privilèges, c’est la peur des différences qui conduit à ignorer la réalité humaine. C’est une position idéologique liée à la lutte des classes, antiélitiste, niant la différence entre les deux sexes.» On veut tout niveler, et cela par le plus bas alors que l’on pourrait être flexible et pourquoi pas accommodant.

Dans la famille, pourquoi toujours exiger que les enfants aient une part égale. Oh! C’est pour ne pas faire de jaloux! Pourtant, certains méritent une attention plus grande à cause de circonstances incontrôlables. Voudrait-on éviter la jalousie? «Il a plus de faveurs que moi! Ce n’est pas juste!» En tentant de faire que tous soient toujours égaux, on ne les habitue pas à cette vie en société où il y a malheureusement des gagnants et des perdants; car malgré tous les efforts déployés, la société demeure toujours inégale.

Non! Soyons humains! Acceptons les différences. Acceptons que certains semblent plus heureux que d’autres! Surtout, cessons de regarder ailleurs, à côté. Comme le disait si bien Earl Nightingale : «Count your blessings!» Tenons compte de nos avantages, de nos différences à chacun de nous; ne fixons pas sur ceux des autres. Cessons les comparaisons qui nous empoisonnent!!!


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