Accueil / Chroniques / La contestation étudiante

La contestation étudiante

Chers enfants et petits-enfants,

J’ose vous dire toutes mes réactions à la crise qui secoue le Québec.  C’est la première fois que je me prononce par écrit : c’est un risque que je suis prêt à assumer. Vous pourrez plus tard, me le remettre sur le nez.

Durant les joutes sportives, il y a quelquefois, dans le feu de l’action, des arrêts : on appelle cela des « time out ». On arrête le chronomètre. On suspend le temps!

C’est ce que le gouvernement a fait en votant in extremis cette loi no 78; il appelle un « time out » jusqu’au 15 août! Durant cette pose, que fera-t-on? Attendre, voir ce qui va arriver! Parler d’hier, de cette loi « ignoble »; parler de ce que le gouvernement aurait dû faire et n’a pas fait; parler des compromis qui n’ont pas été faits; des réunions qui n’ont jamais eu lieu! Marcher tous les soirs pour faire la une des nouvelles? Ou, d’un autre côté,  pourra-t-on parler de ce qu’on fera pour améliorer la situation, demain! Oh! Je sais il y aura, un jour pas si lointain, des élections. On pourra alors grâce à cette démocratie voter pour un nouveau gouvernement. Mais plus immédiatement que peut-on faire dans les mois, les semaines à venir pour que les cours et la vie de nos jeunes aux études puissent reprendre leur élan? Pour que le Québec se calme et pense à son avenir, plutôt qu’à se faire voir à travers le monde?

Pour étayer mon propos, je reviens à cette leçon du bon père de famille que servait un jeune à notre premier ministre. Ma question : comme bon père de famille, et j’en suis un plus d’une fois, quels sont les principes qui doivent me guider en discutant, en cherchant une solution au conflit avec mes enfants et mes petits enfants? Comment les guider pour qu’ils deviennent tous des adultes heureux et sereins, et raisonnables?

Le docteur Jean-François Chicoine,  pédiatre à l’hôpital Ste-Justine de Montréal, a ramené l’éducation d’un enfant à quatre composantes. Ces quatre facteurs correspondent à l’acronyme N A S A, c’est-à-dire Nature, Attachement, Structure et enfin Aventure.

La Nature nous explique qu’il faut connaître tout d’abord la nature de l’enfant, ce qu’il a comme caractère, comme qualités comme défauts comme expérience. On doit pouvoir estimer comment il réagira durant des périodes de stress, comment il s’exprimera, comment il criera ses frustrations, comment il laissera voir ses émotions profondes, etc. Pourquoi alors ne pas, pour commencer, se poser les mêmes questions pour ces jeunes qui depuis trois mois revendiquent la gratuité de leurs cours, ou encore le gel des frais de scolarité? Quelle est leur nature? Ce sont des jeunes pleins de fougue, d’impétuosité, d’enthousiasme pour la vie, des jeunes à l’imagination débordante, des jeunes articulés, de plus en plus au courant de la politique, de l’économie, de la philosophie, des jeunes curieux qui veulent essayer leurs ailes. Avec eux, il faut, nous les adultes, nous les baby-boomers, les vieux, changer nos paradigmes et cela presse de plus en plus! Comme disait une ex-ministre de l’éducation, il faut se mette en mode écoute et non en mode confrontation.

Ce ne sont pas des syndicalistes chevronnés qui nous font face, des syndicalistes qui savent comment faire monter le chat dans le poteau et le faire redescendre par la suite. NON! Ce sont des jeunes qui ont besoin de se faire entendre. Ce sont des jeunes, débordant de vie, qui ne craignent pas de poser les vraies questions, les pourquoi au lieu de se contenter des comment. Pourquoi une hausse au lieu de leur expliquer en combien d’années ils devront payer leur juste part? Pourquoi payer leur juste part à 21 ans, quand ils sont tous témoins des scandales qui déferlent, révélant comment des adultes chevronnés s’en mettent plein les poches. Est-ce leur juste part? Comment justifier des salaires de plusieurs millions de dollars et pouvoir encore parler de juste part? C’est quoi la juste part?! Faudrait peut-être leur expliquer que la juste part, c’est quand chacun fait son effort dans cette société? Difficile de convaincre ces jeunes quand la malhonnêteté s’étale dans toutes les pages des quotidiens! Pourquoi parler de juste part quand on profite de garderies à 7$ pour prendre une journée de congé pour faire ses emplettes? D’accord, pour certains, les garderies sont une nécessité pour gagner la vie. Mais pour ceux avec des revenus substantiels, ne devraient-ils pas, eux, payer plus du coût des garderies, à savoir leur juste part?

Ces jeunes ne se contentent pas de se faire raconter des histoires comme  cela a toujours été! « On ne peut rien y changer! C’est comme ça dans la société! » Qui a dit cela? Ces jeunes ne sont pas déformés par nos vieilles habitudes « du plus fort la poche »! Donc, sans préjugés, reconnaître qu’on a oublié de leur expliquer ce que serait leur juste part par rapport au reste de la société, et pas seulement des pourcentages que l’on peut toujours mettre en doute. Il faudrait le faire autour d’une table ronde et non rectangulaire de façon à cesser de s’affronter comme chien et chat; il faudrait le faire non dans un marathon d’une vingtaine d’heures, mais durant plusieurs journées normales de huit heures. Et durant ces réunions, on devra retrouver sa jeunesse, tenter de penser en jeunes, cesser de penser selon nos anciens schémas, non pas comme des politiciens aguerris, des négociateurs professionnels qui cherchent à tromper, profitant de la fatigue d’une nuit blanche, pour les rouler dans la farine, et s’en vanter quasiment le lendemain, refuser de penser toujours en gagnant et perdant, en opposition les uns aux autres

Les jeunes doivent ressentir durant ces réunions, et réunions, il faudra en avoir et plus qu’une, que nous cherchons à être tous sur une même longueur d’onde. Ils doivent réaliser, que pour une fois, nous les adultes en situation de pouvoir,  sommes prêts à faire notre juste part, pas à leur laisser un pays où la démocratie se résume à financer les parties politiques de toutes les façons inimaginables. Il faudra leur apprendre que voter, c’est donner son accord ou pas à des gens qui par la suite sauront respecter les autres. On ne leur a pas « vendu » notre démocratie. Au contraire, on leur a souvent montré comment éviter de payer sa juste part avec des paradis fiscaux expliquer lors de séminaires dans les prestigieux bureaux de conseillers financiers ou de comptables, comment éviter de payer sa juste part en payant comptant sans facture comme le dit si bien la publicité du ministère du Revenu. Il faut leur dire que lorsqu’on trouve que la juste part est trop élevée, il faut se mêler de politique, « de mettre sa photo sur un poteau »; se mêler de politique, c’est paraître à la télévision, comme ils le font si bien depuis quelques mois, pour dire comment on voit ce pays, comment on voit le leadership dans les universités. Il faut que dans nos familles, on parle autant de politique, de partis politiques que de parties de hockey, que de « tout le monde en parle ».  Comprendre la nature de notre jeunesse, c’est les écouter et tenter de ne pas leur transmettre nos habitudes de vieux politiciens, mais au contraire les règles d’étique, d’honnêteté, de juste part, d’équité! Il va falloir au plus tôt que non seulement les canaux de communications demeurent ouverts. Mais il faudra avoir de nombreuses rencontres pour d’abord apprendre à se connaître, et de là rêver ensemble une éducation de classe mondiale, une société de classe mondiale.

La deuxième lettre, le A, nous amène au mot Attachement.  Il s’agit ici pour l’enfant de sentir qu’il a un port d’attache. C’est son ancrage dans la vie et il est essentiel pour commencer sa vie, de partir d’adultes signifiants avec un amour inconditionnel, des adultes, qui malgré les désaccords ne les laisseront pas tomber. Pour ces jeunes qui depuis plus de trois mois nous crient leur ras-le-bol, avons-nous été ces gens compréhensifs, qui malgré les dérapages de part et d’autre, ont toujours été là pour les soutenir, et cela pas seulement en marchant avec eux? Tout ceci représente l’atmosphère de ces nombreuses réunions qu’il faudra maintenant tenir durant ces mois d’été, avant le 15 août; Il faudra, durant toutes ces discussions, ne jamais oublier qu’ils font partie de la même communauté que nous les adultes malgré leurs vingt ans; se souvenir  que malgré leur jeune âge, ils font partie de notre société, de notre peuple. Plus encore, ils représentent l’avenir de la nation québécoise, et cela à part entière. En les ignorant, pendant les premiers mois de leurs revendications, en les considérant comme de jeunes blancs-becs qui n’ont aucune expérience et donc ne peuvent se poser de véritables pourquoi, on ne leur a pas dit qu’ils faisaient partie de ce que nous sommes; en réunissant  des experts en négociations, des chefs d’union qui ont trop souvent été des contestataires, des doyens d’université qui craignaient perdre leur autorité, craignaient d’être critiqués, on leur a passé un message : on n’a pas besoin de vous pour décider de qui paie quoi : il ne faut que payer sa juste part, un point, c’est tout!.  On les a traités comme des jeunes qui ne savent pas ce qu’est une société de droit et qui ignorent ce qu’est la démocratie. Et si c’était vrai, où étions-nous pour leur apprendre durant tous ces mois de contestations? Pourtant, ils en savent souvent plus que nous, qui sommes à préparer notre retraite!

Attachement laisse entendre qu’on ne cherche pas la guerre en posant au vainqueur, qu’il n’y aura pas de gagnant ni de perdant; au contraire, il y aura une communauté forte de gens avec expérience et de jeunes avec de l’imagination, avec de l’enthousiasme pour créer un monde meilleur! Tous ensemble on cherchera à penser une meilleure façon de faire porter le coût des études par le groupe, sans prendre pour ou contre les autres! Mais pour réussir ces réunions, il faudra une qualité qui est à la base de l’attachement : le respect. On devra réapprendre le respect. Pour les jeunes, c’est réapprendre le respect des aînés qui pensent différemment et qui souvent portent le poids de toute la société, jeune et adulte; ces aînés n’ont pas qu’une tâche à accomplir, à savoir étudier, se former; ils ont aussi tous les autres aspects d’une société moderne. Ils devront réapprendre que ce n’est pas en étant contre à tout prix, à vouloir, en criant plus fort, en marchant plus longtemps le soir, en lançant des cailloux parce que l’autre m’a ordonné de circuler,qu’on réussira à accepter son point de vue. Et pour les forces de l’ordre, on devra pouvoir user de force en des circonstances exceptionnelles, mais sans en prendre l’habitude. Le respect, c’est oublier  le  « power trip » d’un parlement qui palabre durant des heures oubliant de parler à l’autre. En fait, durant les prochains mois, il nous faudra, nous les adultes matures, laisser entendre qu’on les aime ces leaders étudiants quelque soit l’association qu’ils représentent, que l’on tient à eux et qu’on les considère comme des membres à part entière de nos réunions

Le S de NASA signifie Structure, signifie discipline, signifie que l’on ne peut pas tout faire pour satisfaire ses propres besoins sans tenir compte de la satisfaction des besoins de l’autre. De là, donc la nécessité de balises, de lois dans une société. Ces lois sont toutes perfectibles et aucune ne doit être appliquée bêtement, sans tenir compte des circonstances qui viennent en modifier l’application. Ainsi, la loi no 78 est extrêmement dure et son application des plus difficiles. On peut la modifier, on peut l’abroger, mais tout cela doit être fait selon les règles de l’art. Personne ne peut décider du haut de sa tribune de défier la loi parce qu’elle est injuste. Car se pourrait-il que d’autres la trouvent, au contraire, juste et équitable? Pour régler ces différents points de vue, il y a des tribunaux, pas des pancartes à n’en plus finir, pas des slogans qui parlent de catastrophes nationales, alors qu’il ne s’agit que de différents, importants, on en convient,  mais qui n’entraînent pas perte de vie. On dit que souvent le chaos est nécessaire pour changer les choses. C’est vrai, mais au sujet de l’augmentation de frais de scolarité, cela semble quelque peu exagéré.

Ces limites, on ne peut les imposer bêtement avec l’impératif présent tenant pour acquis qu’ils seront alors respectés. J’ai souvent dit qu’on ne peut pas faire boire un âne qui n’a pas soif : il ne fait que des bulles dans la chaudière. Il faut lui donner la soif. Lui répéter à l’impératif présent « Bois! » ne le fera pas boire. Comme je l’ai toujours prôné, « Vivre, c’est Vendre! » Il faut vendre ses lois,vendre les limites que l’on veut implanter. Cela commence quand on est jeune enfant, dans une famille où un père et une mère font ce qui s’est perdu depuis quelques années : l’éducation. On doit apprendre qu’on ne peut créer l’ordre dans le désordre. Et l’ordre vient des priorités d’une société, dans la famille d’abord. Mais est-il possible que les priorités pour nous, les adultes, ne soient pas les mêmes que celles de nos jeunes et qui plus est, est-il possible que leurs priorités passent avant les nôtres? Pensons-nous plus à l’âge de la retraite, à 65 ans, plutôt qu’à leurs études, qu’à leur formation? Pensons-nous plus à nos vacances qu’à leur formation? Ne serait-ce que de leur dire combien on les trouve courageux de se former s’en savoir nécessairement à quoi serviront ces cours de philosophie, ces cours d’histoire, etc? Quel intérêt leur avons-nous manifesté sur les discussions qu’ils ont eues en classe sur le travail, la valeur du travail, sur l’argent. De plus, nos priorités d’adultes, baby-boomers, ont-elles été plus orientées sur la conservation de nos droits acquis, ne réalisant pas que pour eux, le monde a changé, que pour eux le monde est différent et qu’en conséquence, leurs priorités sont bien différentes des nôtres?

Acceptons-nous facilement ces priorités nous-mêmes? Parler de priorité comme un effort soutenu au travail ou cherchons-nous facilement à en faire le moins possible, à dire au jeune interne que s’il veut plus tard devenir un professionnel, il doit se taper des quarts de travail de 24 heures.. Pourquoi? Parce que cela a été ainsi pour nous! Oui! Mais le monde a changé : doit-il toujours faire pareil? Peut-on innover? Parler de charité, de compassion et se voter des options d’achat d’actions exagérées et en plus  faire en sorte de privilégier des décisions qui pousseront à la hausse le cours des stocks dans l’immédiat, oubliant qu’à long terme la compagnie risque de perdre? On ne peut parler de structures, de balises si nous, les adultes, ne nous conformons pas à ces mêmes limites au point de vue travail, éthique, compassion.  Ne faut-il pas se structurer nous-mêmes. À voir cette nuit de débat en Chambre pour le vote de la loi no 78, je tentais de me mettre à la place de ces jeunes dans la rue qui voyaient avec quel laisser-aller nos élus outrepassaient des balises aussi simples que le silence que l’on doit obsorver pendant qu’un autre parle. Quel spectacle désolant? Et dire qu’on parle de discipline!!! Avons-nous donné le bon exemple?

Enfin, le dernier A représente l’Aventure. Il signifie innover, réinventer. Il veut dire sortir des sentiers battus. Et c’est ce que les jeunes ont fait durant ces quelque 100 jours de grève. Ils ont tenté et ils ont réussi à nous prouver qu’on peut réinventer la façon de dire : peut-on faire partie de votre équipe? Vous nous faites faire des études qui nous ont fait progresser beaucoup plus rapidement que vous, les adultes, qui étiez à l’université il y 25, 30 ou 40 ans. On en sait plus que vous parce que l’information est à portée de tous à la vitesse grand V. On a vu des mondes basculer, des pays, des dictatures tomber, et tout cela en direct; on a vu comment grâce aux réseaux sociaux, on peut communiquer, on peut mobiliser une foule. Ils ont appris beaucoup plus que nous les adultes à discuter, présentant de manière très articulée leur argumentation. Ils ont appris à dire leurs émotions. Ils ont appris ce que sont des majorités, comment tenir des assemblées, comment les influencer; ils ont appris ce qu’est la démocratie directe où on revient sans cesse à l’assemblée pour leur demander leur approbation ou leur désaveu. Mais nous, les grands, avons-nous profité de ces marches, de ces rencontres pour leur dire que l’important dans la vie, ce n’était pas de toujours passer à la lutte; que gagner dans la vie, ce n’est pas une profession, que la seule vraie victoire possible et durable est sur soi, sur ses propres démons. Et nous, les baby-boomers, les vieux, avons-nous osé vivre cette aventure en admettant toutes non incongruités, nos  incongruences, avons-nous osé explorer d’autres avenues de démocratie ou sommes-nous demeurés figés dans notre « code de procédure Morin », qui nous dit comment agir durant nos assemblées? Sommes-nous prêts, nous les adultes, à recréer notre société. C’est ce que les étudiants nous ont demandé. Nous avons répondu comment? Après trois mois à tergiverser, nous sommes retournés à nos vieux réflexes d’autorité et tenter de dicter notre volonté. Mais le mode a changé.

NASA, c’est un rappel de ce qui structure la société des humains. Ce n’est pas seulement applicable aux enfants tout jeunes, mais aussi aux jeunes de 20 – 25 ans, aux adultes de 45 ans, de 60 ans. C’est valable pour les gens au pouvoir qui malheureusement sont beaucoup plus habitués a se faire écouter, à prononcer de beaux discours, qu’à écouter les autres et surtout ces jeunes qui seront là, demain,alors que nous aurons quitté pour un monde meilleur. L’égalité, n’est-elle pas la même pour un jeune de 25 ans que pour un vieux de 65 ans. C’est quoi la juste part des uns et la juste part des autres? À 25 ans, le monde s’ouvre devant soi, et c’est un monde nouveau. À 65 ans, le monde qui se présente à nous est celui d’une vie à se la couler douce, comme si la vie était terminée. Sa juste part, c’est s’acheter la voiture de l’année et profiter du service de garde à 7$ pour faire garder les enfants : est-ce payer sa juste part du service de garde ? La juste part quand tu engranges des salaires dans les millions de dollars et que tu quittes l’emploi avec une prime de départ, emploi que tu n’a pas réussi à faire convenablement, enfreignant des règles d’éthique sans te soucier de la réputation de ton employeur?

On leur a appris à nos jeunes à gagner, à écraser l’autre, à faire reculer l’autre! Ne soyons pas surpris que nos jeunes nous servent les mêmes rengaines : il faut que le gouvernement recule! A-t-on appris à nos jeunes à collaborer, à participer sans parler toujours de pouvoir de forces? Non! On est dû pour un « time out ». On se calme et on se parle d’humain à humain, où non seulement les parts sont égales, mais les humains également. On se parle sans loi pour faire peur, sans bouclier pour faire peur, sans chevaux qui écrasent, sans parade à ne plus finir, sans casse tous les soirs. C’est le moment de cesser l’affrontement et de sortir nos tables rondes pour que tous on soit assis côte à côte pour régler le problème des « justes parts »! C’est le temps de se parler, pas de s’ignorer!!!


Haut de page