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Avoir de la classe

À la vue de certains gestes, de certaines façons de faire, me revient en tête ce vieux dicton : On ne devient pas grande dame,on naît grande dame! C’est ainsi que cela m’est revenu en mémoire en lisant dans le journal La Presse du 18 août dernier une lettre d’une mère de Laval, Francine Plante, qui a voulu faire voir à sa jeune fille de six ans le défilé de la fierté gaie. Elle voulait lui expliquer «qu’il fallait accepter la différence des gens, que chacun avait le droit de vivre comme il le voulait. » Mais dans le défilé, un homme déambulait en costume de cuir noir « arborant fièrement toute la nudité de ses fesses.» « Maman, c’est normal de montrer ainsi ses fesses à tout le monde? Non ma chérie, ce n’est pas normal…» Non! C’est un manque flagrant de respect pour les gens : c’est que ce monsieur n’a pas de classe; il est tout simplement vulgaire, mais que veux-tu : on ne devient pas grande dame!

Dans un autre journal, Le Devoir du même jour, Josée Boileau, dans son éditorial, intitulé « Irrespectueux», parlait elle aussi de classe et de respect. Elle parlait de «l’intention première de la Congrégation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie qui  avait cédé sa maison mère à l’Université de Montréal en 2003. L’offre de l’université avait été privilégiée au regard d’autres propositions plus élevées précisément parce que les religieuses souhaitaient la poursuite de leur mission d’enseignement. Ce n’était pas écrit au contrat, rétorquent aujourd’hui ceux qui appuient le projet de condos que la firme Catania prévoit pour le couvent. Évidemment que nul n’a pensé à cette précision : nul esprit chagrin aurait pu croire qu’un établissement aussi sérieux que l’Université de Montréal allait faire volte-face et décider, trois ans seulement après son acquisition de revendre le couvent au motif désinvolte, parce que totalement prévisible, que les rénovations coûtaient plus cher que prévu.»

Encore une fois un manque de classe, et ce qui est plus grave de la part de gens éduqués, de l’élite de notre société.  Un manque total de respect de l’intention évidente de la part des religieuses de faire une faveur à l’Université de Montréal, pour qu’elle poursuive leur œuvre. On devient grande dame quand notre éducation nous gravait le respect de soi et des autres dans nos gênes dès le bas âge. Il me semble que chez nos enfants, on hésite à vouloir enseigner des choses aussi élémentaires que de donner une bonne poignée de main, de dire merci au serveur, d’enlever sa casquette dans un restaurant, de se présenter les cheveux peignés. On est loin de se présenter les fesses à l’air durant un défilé. Si on a les fesses à l’air, c’est parce qu’on ne nous a jamais parlé du respect, d’avoir de la classe.

La classe, c’est ce qui fait que tu te respectes et qu’à partir de là, tu respectes ton engagement. Mais si tu ne te respectes même pas, pourquoi les autres te respecteraient-ils? On peut respecter les différences. Mais on ne peut être civilisé en public, prônant le respect des autres que si, bien inscrit au fond de soi, il y a le mot respect, ce qui fait qu’on est «grande dame » et le fond de soi, c’est à partir de la naissance qu’il se fait; c’est naître avec de la classe autour de soi. Cela s’appelle de l’éducation. Cela ne s’apprend pas seulement sur les bancs de l’école : loin de là! Cela commence dans les six premières années de la vie, comme le fait si bien madame Francine Plante dont je raconte l’expérience au défilé gai de Montréal!. Il semble que même à l’Université de Montréal, on a oublié le respect des engagements : ce n’était pas écrit au contrat! Il est peut-être trop tard pour des adultes : ils ne deviendront jamais «Grandes Dames»!!!


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