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Le rêve passe...

C’est là le titre d’une vieille chanson française des années 1900,  une chanson de guerre où l’on parlait de défaites puis de victoires. Il est curieux qu’en cette fin d’année 2009, cette chanson revienne me hanter. 2009, malgré tout a été une année difficile. Le Québec, cependant, se sort bien de la récession, et cela pour la majorité d’entre nous. Financièrement, pour plusieurs les perspectives sont encourageantes pour l’année qui vient. Mais le bonheur, lui, se porte-t-il bien? Être heureux, savoir que les choses sont bien en place, que l’on avance normalement, tout cela est-il au rendez-vous? Savoir trouver en soi le calme, la sérénité, 2009 a-t-il été l’année que l’on souhaitait au premier janvier? Le rêve a-t-il passé sans qu’on tente même de le réaliser?

Ce questionnement me laisse songeur. Avons-nous appris à vivre dans un monde qui change à la vitesse grand V? Profitons-nous de toutes ces nouvelles découvertes? Plus on avance dans ce siècle nouveau, plus on communique à  haute vitesse, en fractions de secondes, d’un bout à l’autre de la planète : mais aussi, il me semble que moins on se parle, moins on échange vraiment! Plus les choses prennent du temps pour aboutir| Moins il me semble que l’on parle de nos rêves. Peut-être que tout va tellement vite, qu’on a plus le temps de même rêver; ou encore, tout simplement, c’est qu’on ne rêve plus : le rêve a passé comme dans la chanson du début du vingtième siècle. La vie va trop vite, il me semble; ou est-ce l’âge qui voudrait faire en sorte de goûter plus à la vie et de réaliser encore de plus beaux rêves?

En y pensant bien, cependant, on se rend rapidement compte que c’est  nous qui n’avons pas pris le temps en 2009 pour enfin réaliser nos rêves. On les a remis à plus tard!  On a attendu que les choses s’améliorent. Ce voyage en Gaspésie, l’été passé; on l’avait rêvé durant plus d’un an. Mais n’est-ce pas tout ce qu’on a fait, en rêver! Oui! Mais cela n’a pas pu se réaliser : cela n’a pas adonné! Ce n’était pas le temps!

Il semble que ce soit le lot de bien des gens : on attend que les choses se produisent, mais on oublie de passer à l’action. Et pendant ce temps, le rêve passe!  En lisant la biographie d’André Agassi, le champion joueur de tennis, j’apprenais que pour son père, le pire geste que son fils pouvait poser, c’était de penser. Pourquoi? Parce que pour le père, penser c’était à l’opposé d’agir, et que, comme il le souhaitait, André deviendrait un  champion au tennis. Dès l’âge de sept ans, s’il prenait son fils dans la lune, c’était pour lui, comme s’il fouillait dans son portefeuille. C’est lui qui possédait le rêve; il le voyait plus que son fils. Je ne crois pas qu’il faille aller à cet extrême : c’est définitivement  exagéré, car il faut toujours prendre le temps de penser, et surtout, laisser le temps aux enfants de rêver. Mais, on pense trop de nos jours, ou serait-ce trop longtemps? Car durant ces moments de réflexion, le rêve lui passe, comme le Bonheur d’Yvon Deschamps. Ce bonheur, il oublie de prendre racines dans nos vies.

L’année 2009 a été pour plusieurs une année de réaction aux événements : on a pris le temps d’y penser; les réalisations ont été plus rares! L’année qui vient devra être une année de pro action, c’est-à-dire une année où on cessera de penser à ses rêves, mais au contraire, une année où on passera à l’action et les réaliserons. C’est cela, vivre pleinement : passer d’un rêve à l’autre sans jamais hésiter. Ainsi, les rêves se réalisent plutôt que de demeurer des vœux pieux dont on parle toujours au conditionnel présent : j’aimerais faire cela; je voudrais être là-bas.  Mais avec le conditionnel présent, on va rarement quelque part et le rêve passe et l’on n’embarque jamais dans le grand voilier. Ne laissons plus passer le rêve! Passons à l’action!!!


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