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Le droit de rêver ...

Il est nécessaire pour l’homme de rêver. Cette démarche est à la base de l’espérance qui incite les humains à s’en sortir coûte que coûte. Elle est l’inverse du pragmatisme que l’on prêche avec tant vigueur de nos jours. On se demande toujours si cela est possible, si cela sera utile, pratique. Or, rêver n’a rien à voir avec le fait que cela soit pratique, utile : il ne sert qu’à rappeler à l’homme que la vie n’est pas coulée dans le béton! Il nous apprend qu’il est possible d’inventer et même de renverser la séquence des choses, des événements. Il s’agit d’y rêver d’abord! Il faut d’abord sortir de la boîte comme on le dit souvent pour découvrir autre chose vers lequel on peut tendre, découvrir une autre vision du monde, de son monde.

On a dénigré le mot utopie, disant qu’il signifiait rêve irréalisable; alors qu’en fait, il veut tout simplement dire rêve non encore réalisé. Jules Verne avec son tour du monde en 80 jours et ses 20,000 lieues sous les mers rêvait ( on le sait maintenant) des rêves qui n’étaient pas des utopies irréalisables, mais des rêves qui se sont fort bien réalisés dans le siècle qui a suivi. Jules Verne s’était donné le droit de rêver!

Malheureusement, trop souvent, on se refuse ce droit de voir un monde encore meilleur pour demain, et cela malgré les atrocités commises de nos jours. On se refuse à penser que l’on peut faire mieux avec les talents qui nous ont été donnés. On se refuse de lever la tête et de regarder vers le ciel. On se contente de courber la tête vers le sol en se convainquant qu’il n’y a rien à faire. On se répète constamment qu’on n’a pas le choix, se refusant de voir les multiples ouvertures qui s’offrent à nous. Il est vrai que dans une vie certaines portes se ferment à tout jamais, mais on oublie de bien voir toutes les fenêtres qui s’ouvrent.

C’est le cas du jeune Oscar Pistorius, né en 1986, à Prétoria, en Afrique du Sud. Il est né sans péronés aux jambes, et on alors amputé ses deux jambes : il avait onze mois! Mais il a malgré tout rêvé; il a rêvé de faire de la course avec des prothèses. Une utopie qui n’était certes pas prête d’être réalisée. Qui aurait osé croire qu’un jour il deviendrait un sprinter avec deux membres artificiels? On lui a fabriqué deux prothèses de carbone spécialement conçues pour la compétition. Et à partir de dix ans, il enfile les exploits jusqu’à établir des records : en 2007, il franchit les 100 mètres en 10¨91, les 200 mètres en 21¨58 et les 400 mètres en 49¨16. Il est tellement rapide que malgré ses records mondiaux, on lui refuse de participer aux Jeux Olympiques de Chine cet été. Pourquoi? Il serait semble-t-il, avantagé par son handicap. Être né infirme permet des avantages à la course? Qui a dit qu’on n’avait pas le choix de nos rêves? Encore une fois, on semble nier le droit au rêve à un jeune homme amputé alors qu’il était tout jeune enfant.

Chacun de nous, rêvons-nous et jusqu’où? Ou si au contraire, sous prétexte d’être réaliste, de ne pas s’emballer inutilement, on tient pour acquis que le sort en est jeté : il n’y a rien à faire. Mais où est l’espérance dans tout cela? Où est la confiance en soi? Quelqu’un a déjà dit qu’on honorait les héros, non pas pour leurs exploits extraordinaires, mais parce qu’ils témoignent de la capacité de chacun de nous à rêver grand s’il le veut. Pour cela, il faut se fouetter l’arrière-train et passer à l’action. Il n’est jamais trop tard. Il faut cependant affirmer que c’est tout de suite qu’il faut tisser nos rêves, car si ce n’est maintenant, ce sera quand? On n’a pas un jeu pour attendre; les autres ne nous donneront pas le droit de rêver : c’est à chacun de nous à commencer aujourd’hui; toi, le jeune adolescent; toi, le jeune homme; toi, le gars d’âge mûr; toi, le «baby boomer» qui pense avoir acquis le droit de t’asseoir sur tes lauriers; enfin toi, qui a accumulé les décennies, tu dois rêver malgré ton âge avancé!

Ai-je raison, ou si je m’emballe encore une fois?


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